Les Escapades Autour du Monde de David et Michou

Taiwan : Après la Corée du Sud, encore une destination atypique ?

20161121153019Arriver à Taïwan, après la Corée du Sud et le Japon, c’est basculer dans une autre « Asie ». Fini le côté super clean, strict, le conditionnement de masse où personne ne traverse en dehors des clous. En arrivant à Taipei, on est frappé par le joyeux bordel, la cohue et les innombrables scooters qui roulent à vive allure dans les rues de la ville. Il est parfois difficile de se frayer un chemin dans cette foule compacte et il vaut mieux regarder où l’on met les pieds. Ici, il faut slalomer entre les scooters, monter, descendre des trottoirs de parfois 30cm de haut, éviter les trous dans la chaussée. Ce n’est assurément pas le royaume des piétons et, même en traversant dans les clous, on est jamais sûr d’atteindre l’autre côté de la rue sans bobos. Pour nos premiers jours à Taïpei, on avait choisi le « Golden Age Hotel », petit déjeuner inclus. Rien que le nom ça en jetait !!! Finalement, on s’est vite rendus compte s’il s’agissait d’un love hôtel de seconde zone. Situé au 13ème étage d’un immeuble décrépi, la réception ressemblait à un guichet de gare. La moquette du hall était usée jusque la corde et quelques fleurs en plastique dans des vases ébréchés étaient censées égailler l’ensemble. Le comble du « raffinement » c’était quand même le bassin à poissons, cimenté directement sur la moquette, où quelques poissons koï, l’œil morne, faisaient du sur place. Les pauvres, ils devaient se demander ce qu’ils pouvaient bien faire là !! On n’avait qu’une seule envie, prendre une douche bien chaude et se poser un peu après notre nuit de SDF sur les trottoirs de l’aéroport d’Okinawa. Finalement, notre hôtel, bien que très moche ; son âge d’or était depuis bien longtemps révolu, était plutôt bien placé et à 2 pas du métro. En arrivant à l’aéroport, on avait acheté l’Easycard, valable pour la majorité du réseau de transports à Taiwan. Une bien belle invention qui permet de payer les titres de transport (métro, train, bus et même de louer un vélo) mais également les entrées de certains sites. Elle peut également être utilisée pour faire son plein d’essence ou régler ses courses au 7-Eleven du coin. . Après un décrassage en bonne et due forme et une petite sieste salutaire, on était prêts à partir à la conquête de Taïpei et de ses marchés nocturnes avec notre Easycard en poche. Durant tout notre séjour, c’est vite devenu une habitude, que de se balader, chaque soir dans ces marchés nocturnes. IMG_3746Les marchés nocturnes sont essentiellement constitués de petits stands où l’on trouve de la nourriture à profusion : certains mets nous donnaient envie de tenter l’expérience culinaire alors que d’autres, rien qu’à la vue ou à l’odeur, nous donnaient envie de passer notre chemin en courant, en particulier le tofu puant, une véritable abomination pour tout sens olfactif normalement développé. . .Vous me direz et le Maroilles, alors ? Comparativement c’est du Chanel n°5. IMG_3747On peut être aventuriers et aimer les défis mais les viscères de vache, de porc, les boyaux en tout genre, les pattes de poulet ou les langues de canard ne nous disaient rien qui vaille. Taipei nous faisait parfois penser à la Chine mais avec un côté « japonisant »: 40 années d’occupation ça laisse des traces. Les taïwanais se revendiquent d’ailleurs d’être taïwanais avant tout même si l’influence de la Chine reste bien présente (dans les envois postaux, par exemple, où les paquets sont estampillés « China Post »).

Majoritairement, les taïwanais, qui ne crachent pas, n’ont pas une très bonne opinion des chinois qu’ils considèrent comme des personnes sales et vulgaires. D’ailleurs, ils s’enorgueillissent de parler le mandarin alors que les chinois ne parlent que le chinois de base. 6 tonalités contre une seule, ça fait toute la différence !!!

À Taiwan, on retrouvait le côté spontané des gens, la curiosité à notre égard et la serviabilité. Comme en Corée du Sud, il n’est pas possible de rester planter plus de 5 minutes au même endroit sans qu’une personne vienne à vous, tout sourire, avec un « Can I help you ? ». Nous sommes restés 6 jours à Taïpei et finalement on s’habituait au « Golden Age » mais pas à ses petits-déjeuners : chaque matin, on avait droit à un voucher pour aller au « Mos Burger », le Mac Do local mais en plus ragoûtant. Le choix se limitait à hamburger ou hamburger. Au bout de 2 jours, on a fini par laisser tomber, tant pis pour le petit déjeuner. Nous avons visité les incontournables comme le temple de Longshan, un vrai petit joyau, le mémorial de Chiang-Kaï Shek, impressionnant de démesure, où on a pu assister à la relève de la garde, le quartier de Ximen.

DSC00030Dans le nouveau Taipei, on a arpenté Tatoo Street où les tatouages se font pignon sur rue, American Street, royaume du street art et Movie Street où on est allés voir le dernier Marvel. On n’a pas tout compris, même avec les sous-titres en anglais, mais, l’essentiel c’était que le gentil gagne à la fin alors on n’a pas été déçus. La visite de New Taipei ne pouvait s’achever sans la visite du Taipei 101 qui, pendant un certain temps, a détenu le titre de plus haute tour du monde. Ils continuent néanmoins à garder leur Guinness des Records pour ce qui est de la vitesse de l’ascenseur entre le 1er et le 91ème étage.DSC00147La vue du 91ème doit sûrement être fantastique pour qui n’a pas le vertige. David shootait à tout va tandis que je restais pétrifiée à 4 mètres des énormes baies vitrées. Rien que d’y penser, j’en ai encore des frissons. Pour la fin de notre séjour à Taipei, nous avions décidé de visiter le quartier de Beitou et de profiter de ses sources chaudes. Cette fois-ci, on n’allait quand même pas nous refouler à cause de nos tatouages, on n’était plus au pays des yakuzas !!! Non, là pour le coup, on n’avait pas la tenue « conforme » : bermuda long en Lycra genre moule-bite pour ces messieurs, maillot une pièce avec jupette pour ces dames. Qu’est-ce qu’on allait s’embêter à acheter ces trucs hideux qu’on ne remettrait sûrement jamais d’autant qu’il y avait la queue à l’entrée. Et puis, se plonger dans une eau à 40° quand il fait la même température dehors, quel intérêt ? Il vaut mieux parfois laisser tomber face à l’adversité.

Il était temps d’entamer notre circuit taïwanais qui allait nous amener jusqu’à l’extrême sud en descendant par l’ouest pour remonter ensuite par la côte est. On avait choisi un hébergement à Changhua à 2 heures et demi en train de Taïpei pour visiter Lukang où là, décidément les hébergements étaient vraiment trop chers. Une fois encore, on a élu domicile dans un love hôtel moins cher que le dortoir de la guesthouse située à l’étage en dessous. La décoration était immonde dans les tons vert d’eau, le lit était rond, l’habituel miroir au plafond avait été remplacé par des vitraux, genre composition florale du plus bel effet. Changhua est remarquable pour son grand bouddha qui surplombe la ville sinon rien de bien faramineux. Le lendemain, on prenait le bus pour passer la journée à Lukang, ville chaudement recommandée par ce cher « Lonely planet » : encore un temple de Longshan, on ne sait pas qui est ce type mais apparemment il a les moyens !!! Et puis, la « old street », qui comme son nom l’indique, est une vieille rue. Ben voilà, on avait fait le tour. Les 5 jours suivants, nous amenaient au Sun Moon Lake, réputé pour ses paysages et son lac. On allait tester notre premier camping taïwanais. DSC00654Contrairement aux campings japonais, il n’y avait rien à redire, c’était un vrai camping, même si les plateformes en ciment avec un toit n’étaient pas spécialement pratiques pour planter les sardines. On a joué les touristes et on n’a pas échappé au traditionnel tour en bateau. Les jours suivants, on a loué un scooter. Le propriétaire du camping nous avait bien proposé gracieusement des vélos. Après moins de 500 mètres de pédalage intensif, on s’est rendu compte que ça n’allait pas le faire : ces 2 vieux « byclos » semblaient tout droit sortis d’une décharge, les selles n’étaient pas réglables car trop rouillées et ils n’avaient pas de freins, quant aux vitesses, c’était franchement optionnel. . . L’intention était gentille, il les avait même regonflés mais, franchement non !!! Avec notre scooter, notre tour du lac nous a amené jusqu’au Wenwu temple (pour une fois, Longshan n’était pas dans le coup). Ce temple, dédié à Confucius, nous a vraiment bluffé par sa magnificence. Nous avons également pris le Sun Moon Lake Ropeway, un téléphérique qui permet d’avoir une vue plongeante sur l’ensemble du lac avec au sommet l’accès au Formosan Aboriginal Culture Village. DSC00561

En fait, il s’agit d’un parc à thèmes avec, d’un côté, la reconstitution d’un Village aborigène et, de l’autre, des manèges à sensation. On a opté pour le côté « Disneyland » et on a eu notre lot de sensations fortes.

L’étape suivante nous amenait à Fenchihu, à proximité de la forêt d’Alishan avec, au programme, des trails dans les bois et les plantations de thé : Une halte en pleine nature bien sympathique. L’objectif était de pouvoir repartir en emprunter l’Alishan Forest Railways : un petit train touristique à l’origine à vapeur, qui passe par pas moins de 50 tunnels et 77 ponts de bois et vous amène en 2 heures 40 à Chiayi en traversant montagnes et forêts.IMG_3574 Pour obtenir une place, il nous aura fallu patienter une journée de plus à Fenchihu. Mais, l’attente valait vraiment la peine pour profiter de cette magnifique « promenade » bucolique. . .

La suite de nos aventures vous emmèneront sur des îles, dans des lieux chargés de mémoire pour terminer par les merveilleuses gorges de Taroko. Taiwan, un pays à découvrir. . .

2 reflexions sur “Taiwan : Après la Corée du Sud, encore une destination atypique ?

  1. Patricia Lemaire

    En vous lisant, on a l’impression d’y être. Merci de nous faire voyager par vos récits.
    Bonne continuation, et vivement la suite. Gros bisous.

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