Les Escapades Autour du Monde de David et Michou

Taïwan partie 2

thumb_IMG_3675_1024Le 11 novembre, il n’était pas prévu pour nous de défilé, c’était direction la playa et Penghu Islands (appelées auparavant les îles Pescadores).

Point de bateau, en cette saison, alors il nous a fallu prendre un vol pour Magong sur l’île principale. L’avion, à peine décollé, avait déjà atterri. Notre indice carbone en avait pris un sacré coup !!
Après 3 nuits dans un hôtel sans charme, balcon avec vue imprenable sur la High Way, on déménageait pour planter notre tente au milieu du Lintou Park. Ce n’était pas vraiment un camping mais un parc de verdure, où les gens viennent se balader, faire leur footing en bordure de la plage. Pour un campement gratuit, les douches étaient optionnelles alors, on est repassé en mode « machine à laver » dans les toilettes « handicapé » (pour ceux qui ont suivi l’aventure nipponne). thumb_IMG_3644_1024Le plus ennuyeux, c’était notre impossibilité à trouver une recharge pour notre réchaud. À force, de faire toutes les quincailleries, toutes les boutiques, d’écumer toutes les rues de Magong City avec notre scooter de location à la recherche de la cartouche de camping-gaz perdue. . On s’est dit que peut-être à l’Office du Tourisme, il pourrait nous renseigner d’autant qu’on voulait des infos sur les bateaux pour les îles au Sud de Penghu, alors on allait faire d’une pierre deux coups. L’Office du Tourisme était installé dans la salle d’attente d’embarquement pour les ferries et se résumait à un bureau derrière lequel siégeait une demoiselle absorbée par l’envoi de textos. Comme aucun ferry ne partait c’était on ne peut plus désert. On avait du mal à s’imaginer que c’était un Office du Tourisme car il n’y avait pas la moindre brochure, le moindre panneau d’informations. Encore un emploi fictif ? Quand la Miss (pas UNIVERS) a relevé la tête, c’était assurément « Uggly Betty » version asiatique : mêmes lunettes, même look vestimentaire, ne manquait que l’appareil dentaire. Nous lui avons expliqué notre quête de la recharge de gaz introuvable. Deux ou trois coups de fil plus tard, elle nous donnait une adresse. Dix minutes plus tard, on était de retour car bien évidemment cette boutique on l’avait déjà faite. La demoiselle, qui ne voulait pas s’avouer vaincue, nous embarquait notre réchaud et enfourchant son scooter, le Kway rose au vent, nous demandait de l’attendre. Dans le même temps, elle chargeait l’homme de ménage ou technicien de surface du terminal des ferries de tenir son poste d’agent de l’office de tourisme. Le pauvre homme paraissait complètement paniqué mais heureusement, Il n’a eu aucun client. Plus d’une demi-heure plus tard, elle revenait bredouille. On avait des envies de meurtres et puis, elle était incapable de nous donner des infos sur les bateaux en partance pour les îles du Sud. . . Mais Uggly Betty restait optimiste et allait poursuivre sa quête du graal camping-gaz et nous transmettre les horaires des bateaux via Facebook. Et voilà comment David est devenu son « ami » sur Facebook, amitié qui fut toutefois de courte durée. Elle en avait plus de 2000 alors elle n’a pas dû s’en rendre compte. De guerre lasse, on a acheté un gaz asiatique qu’on a abandonné quelques temps plus tard ; quant aux îles au Sud de Penghu, on n’y est jamais allés. Durant cette semaine à Penghu, on a fait de magnifiques balades en scooter sur les 3 îles principales, un peu de farniente et on en a profité pour réserver nos vols jusque Los Angeles. J’ai aussi réussi à perdre mes superbes lunettes de soleil, celles que M. Générale d’Optique m’avait gentiment envoyées au Japon. Dans une mer d’huile, Il suffit d’une vague et voilà tes lunettes parties au milieu de l’océan peut-être même jusqu’en Antarctique, qui sait ? Bref, je n’avais plus de lunettes de soleil et ce qui était le plus embêtant c’est qu’elles étaient à ma vue !!
Après un nouveau vol express d’un peu plus de 30 minutes, on arrivait à Taïnan, l’ancienne capitale. On avait réservé un hôtel dans le Centre avec petit-déjeuner. En fait de petit-déjeuner, c’était des sachets Mac Do, alignés devant la réception, avec, au choix, nuggets de poulet ou hamburger. Comme aurait dit notre regretté Jean-Pierre COFFE, c’était de la merde !!! Bref, après nous être délectés de nos excellents hamburgers froids ; la livraison avait dû avoir lieu à l’aube, nous sommes partis à la découverte de Taïnan. C’était Dimanche, journée de festival. De quoi ? On ne le saura jamais pourtant ce n’est pas faute d’avoir demandé. Les rues étaient bloquées à la circulation et Il y avait d’immenses estrades sous chapiteau avec profusion de paniers de vivres, d’alcools et même des cochons entiers écartelés en deux. Le tout était très impressionnant !! On a commencé nos visites culturelles par le Mazu Temple. On s’apprêtait à partir quand une troupe hétéroclite s’est pointée : des géants, des majorettes aux allures de prostituées, des porteurs de drapeaux dépenaillés, le tout accompagné d’enceintes géantes qui diffusaient une musique assourdissante. Ce lieu de plénitude et de sérénité avait pris des allures de full Moon party en moins de temps qu’il faut pour le dire. Tous les pochetrons semblaient s’être donné rendez-vous dans le défilé. C’était plutôt bon enfant. On nous a pris en photo et David s’est vu offrir une bière. thumb_DSC01431_1024Après le hamburger du petit-déjeuner, Il n’était plus à ça près. On a eu droit à un vomi en direct d’un des types du défilé : une matinée placée sous le signe de la bonne bouffe et de la bienséance !!! . . Ses camarades de beuverie étaient morts de rire !!! On a un peu suivi le cortège dans la ville car c’était quand même assez phénoménal et puis on a enchaîné les visites jusqu’au soir : Sacrificial Rite Martial, Chikhan Tower et Temple de Confucius. Le lendemain, toutes traces du festival de la veille avait disparu. Pour nous, une nouvelle journée de visite nous attendait jusqu’au Fort Anping, un fort construit Il y a plus de 300 ans par les hollandais. Nous sommes finalement restés 3 nuits à Taïnan et nos petits-déjeuners ne se sont pas améliorés au fil des jours ; le dernier matin c’était sandwiches !!! Avant notre départ, nous sommes passés à la poste, l’occasion d’enfiler les tenues de postiers mises à disposition et de faire des photos mémorables. thumb_DSC02267_1024Trente minutes de train plus tard, nous étions à Kaohsiung. Là pour le coup, notre Hotel était central et s’appelait d’ailleurs « Hotel Central ». On avait dégoté la chambre la moins chère sur Booking. On en a toujours pour ses sous. Il y avait bien une fenêtre qui, quand on l’ouvrait, donnait sur un mur !! Mais, en contrepartie, le petit-déjeuner était fabuleux et le personnel adorable. J’en étais toujours à essayer de trouver une solution pour récupérer une nouvelle paire de lunettes. M. Générale d’Optique m’avait envoyé une copie de la prescription en me précisant : »les cordons de flottaison ça existe », trop drôle !! En voyant, la demoiselle de réception avec ses lunettes hublots, je lui ai demandé l’adresse de son opticien mais, c’était, en réalité, des lunettes sans verres censées lui donner un style !!
On a adoré Kaohsiung et là où on ne pensait rester que 2 nuits, on y a presque passé une semaine. Il y a énormément de choses à voir entre les balades sur la presqu’île de Cijin, où on a loué un tandem électrique, le Lotus Pond avec ses pagodes au tigre, au dragon et autres créatures aux couleurs chatoyantes, le Pier Art Center avec ses expositions de jeunes artistes et la visite de la maison à l’envers.thumb_DSC01835_1024 Le point d’orgue a été notre journée bondieuseries où nous sommes partis au pays de Bouddha : le Fo Guang Shan monastère, le plus grand du monde ainsi que le mémorial center. Des bouddhas, pour le coup, il y en avait par centaines. Trop de Bouddhas, trop d’or et une foultitude de pèlerins. Quelle démesure !!! Une nonne nous a conviés au repas gratuit servi dans une des salles du monastère. On pouvait également participer à la méditation mais on a décliné l’invitation. Déjà que quelques jours auparavant à la sortie du métro, un américain voulait nous convertir aux témoins de Jehovah. On croyait être tranquilles depuis qu’on avait mis un portillon à la maison et voilà qu’ils nous poursuivaient jusque Taiwan !!! On a quand même bien rigolé au « pure land cave », c’était bien une cave dans laquelle était relatée la vie de Bouddha avec des personnages en carton pâte animés, le kitsch absolu. Je garderai un souvenir du Dream Mol, un supermarché avec une grande roue sur son toit où mon doudou a absolument tenu à m’emmener et où, contre toute attente j’ai fait une crise d’angoisse. J’avais l’air maligne à pleurer comme une Madeleine et à trembler comme une feuille un jour de grand vent. À Taïnan, j’ai finalement trouvé un opticien qui me ferait mes lunettes de soleil et me les enverrait à Taipei. Le choix n’était pas mirobolant alors j’ai opté pour la fantaisie : monture orange « Alain Delon » et verres bleus. Je ne savais pas encore si en les mettant, je me mettrais à parler de moi à la 3ème personne ?
Les 2 étapes suivantes ne nous ont pas laissé de souvenir impérissable. À Kenting, on pensait baignade, snorkeling mais un temps de chien nous attendait : pluie, vent, un vrai temps de Toussaint. On a fini par braver les éléments pour se rendre à la pointe extrême sud de Taiwan en scooter et puis, on a quand même visité le « Kenting Recreation Area » une jolie forêt avec des macaques. C’est là que nous avons rencontré Florine et Julien (couple de français pas macaques), en route pour un tour du monde de 18 mois en stop, avec 7000€ en poche. Taitung, que nous avons rejoint en bus, ne présentait guère d’intérêt sauf celui d’être le port d’embarquement pour Green Island. On aura quand même fait quelques jolies balades en vélo (mis gracieusement à disposition par la guesthouse). La traversée d’une heure pour Green Island n’a pas été des plus reposantes avec la houle et il était temps qu’on arrive. On avait réservé un hébergement depuis Taitung et on pensait trouver à l’arrivée une personne qui nous attendrait avec un panneau à nos noms. Il y avait bien une dame qui nous « collait » et nous baragouinait des trucs en chinois. On a essayé de lui expliquer qu’on avait déjà réservé un logement. Finalement, on a compris que c’était bien elle, notre hôte. Effectivement, elle avait bien un panneau mais « PARAIN » était écrit en chinois, mais peut-être que ce n’était pas du tout notre nom qui était écrit ? Son mari (à moins que ce ne fut son père ?), tout comme elle, n’alignait pas 2 mots d’anglais, ça allait être coton !! Après une visite de la ville qui se résumait à une rue principale et 3 magasins ouverts, nous sommes arrivés à destination. Encore une fois, ça n’avait rien d’un palace. On arrivait à la partie « Hôtel » après ce qui ressemblait à un garage puis leur salon. L’endroit n’était pas luxueux mais les propriétaires vraiment gentils et serviables en nous servant de chauffeurs à plusieurs reprises. Le beau temps était de retour, le moment propice pour une petite baignade dans la mer de Chine, à moins que ce ne soit celle de Taiwan ? Moins de 5 minutes après être entrée dans l’eau, une vague me projetait sur les coraux. La cuisse droite ensanglantée, j’abandonnais. Aujourd’hui, je porte encore les marques de cette mésaventure, de jolies zébrures, mais par bonheur, verticales celles qui amincissent ! L’escapade Green Island nous aura enchantés : de magnifiques paysages, des hot springs avec vue sur la mer rien que pour nous et l’histoire passionnante de cette île prison, qui accueillait les prisonniers politiques sous la loi martiale avec de nombreux vestiges de cette époque. thumb_IMG_3883_1024Le jour de notre départ, nous n’avons pu prendre le bateau que l’après-midi ; tous ceux de la veille avaient été annulés et celui du matin également. Notre logeuse qui prenait le même bateau que nous pour Taitung, nous a déposés à la gare où nous avons pris un train pour Riusui. Arrivés à Riusui, un taxi nous a déposés au Cocos hot spring hotel. thumb_IMG_3979_1024Pour une fois, c’était fabuleux : une chambre magnifique, on avait été surclassés et une piscine de sources d’eau chaude dans l’hôtel. Le réceptionniste était aux petits soins avec nous voire un peu trop !! On a quand même su le fin mot de l’histoire. C’était la première fois qu’il recevait des français, notre réputation d’éternels insatisfaits nous avait devancée et il avait peur des commentaires qu’on pourrait bien mettre sur internet. Finalement, on voulait bien passer pour des râleurs et avoir une chambre de luxe pour le prix d’une chambre standard !!! On a quand même râlé pour le couvre-feu à 22:30. Comme on avait un peu de temps avant de rejoindre Taïpei pour prendre notre vol direction Manille, on s’est dit pourquoi ne pas s’arrêter à Shoufeng pour le week-end avant les gorges de Taroko, ville mondialement connue pour. . Rien du tout. Déjà, que pour te faire comprendre à Taiwan c’est pas évident mais quand en plus tu atterris au fin fond de la cambrousse c’est mort. Arrivés à la gare, qui n’était pas la bonne, il n’y avait pas âme qui vive. C’était comme si tu voulais aller à la gare de Bauvin-Provin et que malencontreusement tu descends à la Source (ceux qui utilisent la ligne comprendront). Bref, il n’y avait pas un seul taxi pour nous emmener dans la maison d’hôtes qu’on avait réservée et personne dans les rues. Sans solution, j’ai demandé au guichetier de bien vouloir les appeler. Face à moi, j’avais le frère de Uggly Betty de Penghu, le même faciès et la même réactivité. À force de négociation (et de menaces), il a quand même bien voulu passer ce coup de fil. Après avoir fait le numéro, il m’a passé le téléphone et qu’est-ce que j’avais au bout du fil : 2 énergumènes qui me parlaient chinois et étaient écroulés de rire. Après presque une heure d’attente sous le cagnard, mon sens de l’humour était un peu émoussé. Il a finalement bien voulu traduire et ils sont quand même venus nous chercher. Malgré la barrière de la langue, on a finalement réussi à se comprendre grâce à nos téléphones traducteurs incorporés. Il ne fallait pas se lancer dans de grandes conversations car ça donnait des traductions plutôt aléatoires qui se terminaient d’un côté comme de l’autre par de grands éclats de rire. Notre hôtesse nous a régalés de succulents petits plats et dans cette ville où il n’y a rien à voir, ni à faire, on est quand même allé jusqu’au zoo en vélo. Les gorges de Taroko nous attendaient pour la fin de notre séjour à Taiwan. Sans conteste, on avait gardé le meilleur pour la fin. Si l’on voulait décrire ces paysages, ce serait peut-être sublimes, magiques, époustouflants. . . thumb_DSC03338_1024Et puis, les superlatifs ne manqueraient pas. Les gorges de Taroko sont une merveille de la nature. À tous ceux qui nous demandaient mais qu’est-ce que vous allez faire à Taiwan ? Je répondrais : rien que pour les gorges de Taroko ça valait le coup. Mais,Taiwan c’est bien plus que ça : des gens très gentils, de jolis paysages, une facilité de transport, des temples, des vestiges du passé et un endroit pas encore touristique. On a passé nos derniers jours à Taïpei et il était temps pour nous de partir vers d’autres aventures. . . Direction les Philippines.

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