Les Escapades Autour du Monde de David et Michou

Les Philippines, le retour (suite et fin)

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De retour de Palawan après une nuit en ferry, nous avons fait un passage express à Manille chez Ramon. Le lendemain soir, on prenait un bus à 22 heures direction la région de Banaue et ses rizières en terrasse. Arrivés à 7h45 à Banaue, à peine le temps de se poser, on embarquait à 8h30 dans un Van pour arriver vers midi à Sagada. On avait suivi les conseils de la « Ramon Travel Agency »qui ne tarissait pas d’éloges sur ce bled mais, très vite on s’est rendus compte que les treks pour les rizières ne partaient pas vraiment de Sagada mais de Banaue qu’on venait juste de quitter !!! Malgré tout, Sagada ne manquait pas de charme dans le genre bled paumé.
En venant de Palawan, c’était le choc thermique : bruine, froid et pluie par-dessus le marché. C’était le moment de ressortir les doudounes et les bonnets. Puisqu’on était coincé à Sagada, autant trouver à s’occuper. Ramon nous avait tellement bien fait l’article qu’on avait réservé via booking.com pour 2 nuits. Pour les curiosités du coin, on avait au choix, les cercueils suspendus ou la balade dans les caves. Il y avait aussi l’option de rejoindre les rizières en terrasse à pied après 4 jours de marche, proposition on ne peut plus alléchante !! On a opté pour les cercueils. On s’attendait à un cimetière mais, en fait, les cercueils étaient au nombre de 3. Sûrement 3 farfelus qui avaient des comptes à régler avec leurs descendants pour les obliger à les percher si haut !! Heureusement, la balade était sympa. L’expédition souterraine nous aurait bien tentée mais, quand on a su qu’il fallait, à certains endroits, suivre une corde dans le noir sur un chemin glissant, au dessus d’un précipice, et, qu’à d’autres, on aurait de l’eau jusqu’à la taille, on s’est dit qu’on avait passé l’âge pour ce genre de conneries. Faute de rizières en terrasse et le shopping étant on ne peut plus limité, pour combler notre ennui, on s’est rabattu sur la bouffe. Ainsi, on a découvert la « Yoghurt house » où l’on a pu se délecter de ses excellents yoghourts au miel, on a aussi trouvé les « french crêpes ». thumb_IMG_4782_1024On était loin de la Bretagne, à part peut-être le crachin, mais la crêpe Nutella était une tuerie. Après 5 mois de régime « riz » à presque tous les repas, on trouvait tout ce qui avait un petit goût de « chez nous » délicieux. Sur les bons conseils de Jean-Luc, qui était logé dans la même guesthouse que nous, au « Agape Log Cabin », nous sommes partis direction Batad. Là, c’était sûr, il y avait bien les rizières, c’était même le village au Centre des rizières. Il nous fallait revenir sur nos pas : un jeepney jusque Bontoc puis un Van jusque Banaue puis un tricycle jusque Batad et, de là il n’y avait plus qu’à descendre, à pied, jusqu’au village sous une pluie battante pendant un peu plus d’une demi-heure, c’était quand même mieux que 4 jours de marche. Malgré toutes les difficultés pour arriver jusque-là, le jeu en valait bien la chandelle. Batad est un petit village, au fond de la vallée, qui offre une vue imprenable sur les rizières. Dans le village, les rues ne sont faites que de descentes et de montées.
N’ayant rien réservé, nous avons tenté notre chance au « Ramon’s homestay »(rien à voir avec notre Ramon de Manille) et nous avons eu la chance de pouvoir être hébergés dans une hutte traditionnelle ifugao. Le confort était rudimentaire avec une douche « au seau » mais, la cabane était vraiment typique et la vue de la chambre époustouflante.thumb_DSC04695_1024

thumb_DSC04730_1024Ramon, en hôte attentionné, organisait, chaque soir, une « causerie » au coin du feu. Après un tour de présentation, Ramon nous parlait de son village et des coutumes de la région. Nous avons bien sûr posé la question, un peu taboue, « des chiens passés à la casserole ». Pour notre Ramon de Manille, c’était une légende urbaine, qui faisait passer les philippins pour des sauvages, mais pour notre Ramon de Batad c’était effectivement vrai. Les gens de Batad n’apprécient pas spécialement de manger du chien mais, quand il n’y a plus rien à manger, il faut bien se nourrir !!! Ramon nous a garantit qu’il ne mangerait jamais son chien car celui-là faisait partie de la famille, on était rassurés. Apparemment, il n’est pas conseillé de manger trop de chien sinon ça donne « le feu »(dixit la population locale). Il paraît que tu bous de l’intérieur. Nous sommes de grands amateurs d’aventures culinaires inédites mais là, pour le coup, on n’a pas testé car ce n’était pas période de famine.

Le lendemain, c’était journée « trekking », avec notre guide Samson, à travers les rizières jusqu’à une cascade ; plus de 4 heures de marche avec des dénivelés assez ardus, sur des chemins parfois glissants et des passages assez périlleux avec des éboulis. On jouait les équilibristes entre les murets qui séparent les rizières en se demandant, à chaque fois, si on n’allait pas se vautrer la tête la première dans la rizière d’en dessous. On rentrait contents et en un seul morceau mais fourbus de ce « circuit aventure » et on se payait une petite heure de massage à domicile pour un prix dérisoire. Le lendemain, il fallait remonter vite fait du village jusqu’à la route pour ne pas rater le seul jeepney de la journée. Faute de place à l’intérieur, on atterrissait sur le toit. thumb_DSC04832_1024Sensations garanties : Pendant plus d’une heure, on se prenait la pluie en pleine poire et à chaque virage, en épingle, on se demandait si le jeepney bondé n’allait pas se retourner. thumb_IMG_4784_1024Arrivés, sains et saufs mais trempés, à Banaue, nous avons pris directement un Van pour Baguio où on arrivait en fin d’après-midi. Dans le genre ville moche, on était servis. C’était Manille à la montagne et en plus, on ne trouvait qu’une chambre minable et hors de prix pour y passer la nuit, l’horreur absolue. Dès le lendemain matin, on reprenait la route direction Vigan, finie la montagne et retour du soleil. Pour le coup, l’hôtel était sympa dommage qu’il était en travaux. Vigan est une jolie petite ville au riche passé et inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Par certains côtés, on avait l’impression de se retrouver à Cuba : les rues pavés, les maisons coloniales de style hispanique, les calèches. . . thumb_DSC04874_1024On goûtait au fameux pinakbet bagnet (jarret de porc et légumes sautés) qui ne nous a pas laissé un souvenir impérissable, tout ça ne vaut pas un bon cassoulet. Pour l’étape suivante, on avait choisi le « North View Hotel » à Laoag. Avec toutes ses heures accumulées de transport en commun (bus, Van, jeepney) et la chaleur suffocante depuis Vigan, on étaient sur les rotules et on se disait qu’on avait bien mérité de s’offrir, pour une fois, un hôtel avec piscine. À peine les bagages posés, on était fin prêts pour faire trempette (maillots de bain, serviettes, crème solaire et bien sûr un bon bouquin) mais, on a vite été refroidi quand on a vu l’état de la piscine. Il n’y avait pas un seul baigneur dans la piscine, seuls quelques insectes s’y étaient risqués mais étaient morts noyés. Autant dire que ça n’avait rien de très engageant ! Finalement, après moult tractations, réclamations, menaces et 2 heures d’attente, la piscine était enfin nettoyée et opérationnelle, dommage c’était bientôt le coucher du soleil !

Le lendemain, on embarquait avec notre chauffeuse de tricycle, qui avait des allures de Josiane Balasko dans « gazon maudit » pour le Centre ville pour la visite du musée.thumb_IMG_4828_1024 Le petit-déjeuner, inclus dans le prix de la chambre, était tellement lamentable qu’on avait décidé d’abord de se faire un bon petit resto en suivant les conseils du « Lonely planet ». D’habitude ces américains n’ont pas les papilles gustatives très développées mais là, pour le coup, ils ne s’étaient pas trompés. Quand nous sommes entrés au « Saramson Ylocano Restaurant », on ne s’attendait pas à un endroit aussi chic et raffiné : vaisselle en porcelaine, couverts en argent et ambiance feutrée. thumb_DSC04900_1024Je garde encore un souvenir ému de mes fusilli mangue-crevettes, David tentait une nouvelle fois le pinakbet mais cette fois-ci en pizza. Après ce repas particulièrement goûteux, on se retrouvait dans les rues de Laoag où c’était le premier jour de festival avec défilé des comités de quartiers, des associations, majorettes et tambours. On passait une bonne partie de l’après-midi dans cette ambiance bonne enfant ; les manifestants se prêtant avec plaisir aux photos, on s’attardait plus que prévu en oubliant complètement notre visite au musée. thumb_DSC05005_1024Pour le retour à l’hôtel, on se faisait embarquer par un type qui nous connaissait et que nous ne connaissions pas !!! Il faut dire qu’à Laoag, on n’avait rencontré aucun touriste ; 2 français en goguette, ça n’avait pas dû passer inaperçu. L’aventure philippine se terminait par le grand Nord au « Kingfisher Beach Resort » à Pagudpud où durant une semaine avec un temps mitigé, entre pluie torrentielle et grand soleil, on profitait de notre bungalow au bord de la plage pour admirer les Kite-surfers, bouquiner et se baigner quand le temps le permettait. thumb_IMG_4928_1024On reprenait un bus de nuit pour retraverser la province de Luzon et rentrer à Manille pour faire nos adieux à Ramon et Nathan. On passait une journée avec Nathan et l’on faisait la connaissance avec son nouveau couchsurfer, un français nommé Tony, un profiteur de la pire espèce qui nous faisaient presque honte d’être français. Le dernier jour, nous étions chez Ramon. Un taxi « Uber » venait nous chercher pour nous amener à l’aéroport. Ramon ne nous dira pas « au revoir » dans la rue. Trop d’émotions ou problème de prostate ? Le mystère reste entier. .

Après plus d’un mois et demi passé aux Philippines, on partait contents vers de nouvelles aventures mais, le cœur un peu lourd de quitter ce merveilleux pays et nos chers amis. . Mais, ne dit-on pas : « jamais 2 sans 3 » ?

 

 

 

 

 

 

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